Vagualarme, détour sur l’Atlantique !

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Flores

 

Après presque 4 semaines de mer, nous voilà donc heureux d’être arrivés à Flores, île la plus occidentale des Açores. Nous passons une courte nuit de sommeil (nous étions arrivés au petit matin), et nous nous faisons réveiller par une voie familière. « Vagualarme, réveille-toi. »

C’est Olivier de Mapilo qui est arrivé deux jours avant nous et nous souhaite la bienvenue à ce qu’il considère comme un petit paradis. Il  nous annonce que nous sommes déjà invité ce midi à venir manger une vache (rien que ça) au village d’à côté. Que devons nous amener ? Surtout rien, tout est offert, la nourriture et la boisson.  Quoi de mieux, après 26 jours sans viande et sans vin ? Nous nous dépêchons, une douche à l’eau de mer, on gonfle l’annexe, vroum vroum et nous sommes à terre. Montée au village, les pentes sont raides, le cœur s’emballe et la tête tourne, plus l’habitude de bouger. On rencontre deux couples d’anciens bourlingueurs en bateau qui se sont installés sur l’île. Spontanément, ils nous proposent de nous emmener en voiture à la fête.

 

Arrivée à la fête. De grandes tables nappées. Des gens qui s’affèrent à tout préparer. On attend un peu. On nous invite à s’asseoir. De grandes casseroles pleine de soupe de pain et des grands plateaux de bœuf braisés sont déposés sur la table. Nous mangeons et mangeons encore. La soif se faisant sentir, je demande en mauvais portignol s’il est possible d’avoir un verre de vin. Un serveur s’empresse de chercher une grande bouteille de vin local et s’excuse 3 fois de na pas y avoir pensé plus tôt… « On est où là ? ». Olivier, se retourne et me dit « ils sont sympas, hein ». Je n’en reviens pas.

 

Nous passons nos prochains jours à rafraîchir le bateau et lors de nos escapades à terre, les rencontres étonnantes s’enchaînent. Ainsi Cordélia rencontre Camille, qu’elle salue au passage et se retrouve le lendemain chez le luthier de l’île, un monsieur de 78 ans (l’air de 60) à découvrir les techniques artisanales de construction de guitares. Sinon, une rencontre aussi avec un couple belgeo-suisse qui vit sur l’île depuis 30 ans. Parti il y a 3 décennies, ils ne sont jamais rentrés. A cette époque, il n’y avait ni GPS, ni radar, ni prévision-météo sur Internet. Sur leur petit bateau de 9 mètres, ils ont traversé un cyclone. Chavirage fond sur fond, avec une personne dehors, heureusement attachée. Le bateau a fait un tour sur lui-même. A la question « aviez-vous peur ? », ils répondent tout naturellement « non, je crois n’avoir jamais vraiment eu peur ». On croise toujours plus fou. Mais comme ils disent très justement, à raconter ça semble complètement dingue, mais lorsque ça arrive, on a pas le choix que de faire avec. On en profite pour faire un peu de pubs pour leur resto : A la casa del Rey, c’est délicieux et les patrons sont adorables.

 

Faial     

 

Une fois de plus, l’horloge tourne et il faut repartir ! En route donc pour La Horta sur l’île de Faial. Une petite journée de navigation, un petit coup de spi histoire de passer les 5 noeuds et l’on arrive à la Horta, Mecque du bateau de voyage. Ici toute personne traversant l’Atlantique s’arrête, vents de saisons obligent. Ainsi, nous recroisons une seconde fois une flopée de gens rencontrés en divers points de notre voyage. "Gandalf", "September", "Clé de fa" et d’autres bateaux encore qu’on est bien content de revoir, avec ou sans mât.

 

Faial c’est sympa, c’est joli, on profite de retrouver la marina (la dernière datait des Canaries, il y a huit mois) et surtout l’extraordinaire confort des douches d'eau douce chaudes (cha ch'est chouette). Ulysse en profite pour retrouver un peu d’indépendance et se promène un peu partout seul dans le port. Ainsi l’esseulé petit paquisard rencontre les sympathiques petits parisiens de "Grandeur nature". Petit tour de l’île en vélo, très joli, mais très vallonné, aie les cuisses. Cordélia fait la traditionnelle peinture pour marquer le passage de Vagualarme, plutôt réussie, je trouve, bien qu’un petit rigolo (Klaus de "September") lui dit que ça fait armée suisse. Remarque à priori inoffensive, mais il me faudra une bonne demi-heure d’argumentations pour convaincre Cordélia que ce n’est pas la peine de tout recouvrir de noir.

 

Traversée Açores – Espagne

 

Grosses courses habituelles, plein de flottes, de gaz et de gasoil, météo et c’est reparti pour le continent. Aux revoirs d’usage, moteur ON, marche arrière, marche avant, gauche, droite et hop on est sorti du port. Un dernier coup d’œil sur les îles et c’est parti les kikis. Première nuit calme, mais on a un peu la gerbouille, saloperie de marina, on a perdu l’habitude. 3 - 4 jours tranquillou par vent portant léger. On mange, on dort, on bouquine, on regarde des films. Après ça forcit, tourmentin, 3 ris, ça mouille, mais rien de méchant. Par un beau matin de juillet, le cap St Vincent apparaît et les odeurs avec. Ça sent bon le pin et sud de l’Europe. Oui, nous sommes bien rentré. Ca m’enchante tellement que j’en ai de la peine à dormir. Encore 24 heures de nav et nous arrivons à La Barbate aux portes de la Méditerranée.   

 

    

 

    

 

    

 

    

 

    

 

    

 

    

 

    

 

    

 

    

 

 

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