Vagualarme, détour sur l’Atlantique !
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Le Cap Vert
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Retour à toutes les « News »Du 11 au 18 Novembre 2008. Las Palmas - Mindelo Après avoir découvert les îles Canaries en nous prenant pour des explorateurs d'un autre temps, nous retombons sur terre avec des tâches bien moins excitantes à effectuer : les courses. Trois jours de supermarché à essayer de compter combien il nous faut de ceci et de cela, quatre caddies, et une facture, on ne vous dit pas. C'est ce que j'appelle un véritable calvaire, mais maintenant nous avons de quoi tenir 2 mois, jusqu'aux Antilles. Nos prochains visiteurs apprécierons... Bref, après avoir effectué ces tâches rébarbatives, mais non moins indispensables, nous prenons la mer pour le Cap Vert par une belle soirée. Comme d'habitude, tout s'annonce pour le mieux. A la sortie du port, Cordélia s'étonne du changement de comportement du bateau, normal lui dis-je d'un air confiant, nous sommes chargé de 500 kg supplémentaires après les courses et la réserve d'eau embarquée. Mais voilà, sans le savoir nous avons embarqué de l'eau de mer, pas très utile, certes et même inquiétant. Au cours de la nuit, durant son quart, Cordélia constate de l'eau sur le plancher. Bizarre se dit elle, je n'ai pas renversé de thé. Se penchant pour essuyer, sur un coup de gîte, elle voit de l'eau qui jailli du plancher. C'est alors que j'entends "Pascal, il y a de l'eau dans le bateau". Phrase à priori anodine, mais au son de la voix, je sais que c'est du sérieux. Je bondis du lit, lève le plancher,... et les cales sont pleines. Meeeeerde! J'enclenche la pompe de cale. J'attends quelques instants, le niveau ne semble pas descendre. Un doute très désagréable m'envahit "et si l'eau entrait plus vite qu'elle ne sort". Le question subsiste un instant (ça fait vachement bizarre de se demander si on coule) et après quelques minutes, je vois le niveau qui baisse. Ouf! Pendant que le bateau se vide, nous cherchons la fuite. Rapidement nous déduisons que la voie d'eau vient du coffre arrière. Nous passons une bonne partie de la nuit à vider les coffres et à écoper, le bateau seul au milieu de l'eau, bouge dans un chaos indescriptible. Bidons d'eau et de gazole, matériel de plongée, nourritures diverses, la recherche de la fuite nous a fait tout vider et le matériel gît dans une désorganisation totale sur le pont du bateau. Nous devons nous plonger dans le coffre arrière avec de l'eau jusqu'aux genoux et équipé d'une lampe frontale, nous nous sentons tel des spéléologues dans une grotte mobile. La tête à l'envers et dans le noir, le mal de mer me gagne. Je vous laisse imaginer la scène. Nous finissons par trouver la source de nos ennuis, un simple tuyau d'évacuation débranché... Nous réparons en 2 minutes, rangeons tout et repartons. Bonne nouvelle, il est 4 heures du matin, c'est bientôt la fin de la première nuit et mon quart commence. Le lendemain, la mer est forte par une houle croisée. Il fait froid et ce n'est pas la peine d'aller sur le pont sans son ciré. N'économisant pas particulièrement l'énergie, nous décidons de faire une heure de moteur pour recharger les batteries. Et voilà, un problème amenant l'autre, le moteur ne démarre pas. Nous pensons d'abord à un court-circuit de la batterie moteur suite à la voie d'eau, mais après différent essais, nous réaliserons que la voie d'eau a noyé le démarreur. Impossible de réparer nous même. Faudra naviguer jusqu'au Cap Vert avec un minimum d'énergie. Nous barrons le jour, laissons le pilote et les feux de route la nuit. L'éolienne et les panneaux solaires fournissent l'énergie minimum... En dehors de ces quelques détails techniques, faut admettre qu'on s'est plutôt bien marré et que selon Ulysse les quotas de pèche ont été parmi les meilleurs, notamment (comme il dirait si bien) nous avons eu 16 morsures pour 6 coryphènes pêchées. Au fur et à mesure que nous avançons le temps devient plus clément, la température remonte et après 7 jours, nous voyons apparaître sur l'horizon l'île de Santo Antao. Comme pour nous agacer, le vent tombe juste avant notre arrivée et nous restons planté là, 12 heures durant , impuissant sans moteur, en vue des îles.
Mindelo
Faute de moteur, nous arrivons à Mindelo à la voile au mouillage. Nous commençons par chercher un mécanicien pour réparer notre panne. Après quelques recherches nous tombons sur des pêcheurs cap verdiens (dont le métier et d'aller chercher la langouste à Dakar pour l'importer a Sal, car apparemment il y a plus assez de langouste au Cap Vert, même ici tout fout le camp) qui se font une joie de nous dépanner dans les plus brefs délais et nous traitent comme des petits princes. James l'importateur de Langouste et Piriquite le mécanicien, nos premières rencontres nous donnent une excellente image du Cap Vert, ce qui ne sera que confirmé.
Des personnes disponibles pour les touristes, il y en a à la pelle. Souvent sans travail, chacun s'improvise guide de voyage, homme à tout faire et se montre d'une gentillesse étonnante. Le plus pénible, finalement, c'est de faire le choix arbitraire de la personne avec laquelle on travaille.
Le 23, c'est Edgar et Dora (mes parents) qui nous rejoignent pour passer 10 jours en notre compagnie.
Santo Antao
Petite visite d'un jour en famille à Santo Antao, accompagné de John, originaire de l'île. On se déplace en aluger (voiture taxi ouverte à l'arrière) à fond les manettes sur les routes entièrement pavées. Les paysages sont superbes, souvent montagneux allant du désert à la forêt tropicale. Ca se passe de commentaires.
Sao Nicolau. L'escale chasse sous-marine
La marina de Mindelo, c'est fort sympathique, mais le véritable Cap Vert se trouve ailleurs. Nous prenons la mer pour rejoindre Sao Nicolau, l'île la plus rurale. Nous attendons une météo un peu plus clémente, en vain, les premières heures au près sont sportive, ça me plais, mais je suis sincèrement désolé maman pour ce mauvais traitement que je t'ai infligé (avions nous le choix?). Arrivée de nuit dans un mouillage protégé. Tout va bien.
Le lendemain, nous découvrons un paysage désertique dans une lumière superbe. Ulysse impatient d'essayer notre harpon m'entraîne sans peine vers les rochers avoisinants, où se cachent une myriade de poissons. Impressionnant. Je plonge pour voir sous les rochers, je crois être dans un aquarium. Tout cela est superbe. En ami de la nature, je charge le fusil et je replonge, j'hésite quelques instants "ce petit poisson m'a tout de même l'air fort sympathique, puis je véritablement l'abattre?". Après tout, je vais le manger alors où est le problème? Les soucis de conscience sont rapidement mis de côté est la chasse quotidienne commence, au grand bonheur d'Ulysse.
Au rayon des anecdotes, lors de l'une de nos nombreuses plongées, Ulysse me montre une tâche au fond de l'eau. Je plonge, me rapproche "c'est certainement un calamar" me dis-je et, ignorant les techniques défensives des êtres sous marins, je tire m'attendant à une réaction du type "je me débat". En une fraction de seconde, je voilà dans le noir complet, flottant dans un nuage d'encre, avec une bestiole qui gigote au bout du fusil. Premièrement, ne pas paniquer. Deuxièmement, remonter si possible vers le haut (si si, désorienté, il m'est déjà arrivé de remonter vers le bas, c'est toujours plaisant quand, à bout de souffle, on remarque). Troisièmement, balancer cette satanée bestiole dans l'annexe. Aussitôt dit, aussitôt fait. Soulagé et un peu reposé assis dans l'annexe, je me penche sur ma prise, qui s'avère être une seiche. Et là, comme pour se venger et me dire "toi, tu vas payer pour ce que tu as fait!" l'animal lâche un dernier jet d'encre qui me recouvre.
Enfin bref, la chasse sous-marine et la pèche sont incroyables. Les balades dans l'île nous feront découvrir un étonnant contraste entre le sud totalement désertique et le nord plutôt forêt tropicale. Ulysse organise des grands matches de foot avec les autochtones. On boit des grogs avec eux, sympa, quoi. Mes parents apprécient.
Boavista ou le retour aux sources
Prochaine escale Boavista. Selon mes souvenirs (qui datent un peu), une belle île désertique, encore abritée du tourisme de masse. Une eau claire et des poissons à gogo, information inlassablement répétée à Ulysse pour qu'il ne perde rien de sa grande motivation.
Arrivé sur place, Ulysse me fait rapidement remarquer le "château fort" de taille titanesque sur la plage, élément effacé de ma mémoire, logique puisque c'est un hôtel flambant neuf posé entre la plage et l'aéroport. Je tourne alors mon regard vers le nord, en direction du village de Sal Rei, vivant anciennement de l'exploitation des mines de sel et accessoirement de la pêche. Aujourd'hui, le paysage est complètement transformé avec des îlots d'hôtels en construction. Dans quelques années Boavista sera comme le sud de Gran Canaria : une ville d'hotel au milieu du désert. Fort dommage.
Déçu par les terres, penchons nous sur la mer, l'eau y est tellement clair et poissonneuse selon mes souvenirs, l'épave à un demi-milles est une merveille. Dès le second jour, le vent forci passablement, et brasse l'eau en la troublant de nombreuses particules de sable. On voit pas à 3 mètres. Bon, on laisse tomber la chasse. Le moteur d'annexe fait des siennes, avec ce vent nous n'arrivons difficilement à aller à terre. Nous nous sentons seuls, bloqué sur le bateau.
Mais c'est là qu'un élément nouveau imprévu et pas moins enthousiasmant entre en scène. Les Bonjour sont à Boavista! Pour tous ceux qui se demande à cause de qui, à cause de quoi nous sommes là, je répond unanimement "les Bonjours". C'est eux qui m'ont posé pour la première fois sur un dériveur, c'est eux qui m'ont emmené pour la première fois à une régate, c'est eux qui m'ont emmené pour la première fois en navigation et c'est encore eux qui m'ont dit "le Melody, c'est un bateau marin" et j'ai bien fait de les écouter. Bref, j'en profite pour faire une petit Merci à ces navigateurs au grand coeur qui ont fait éclore ma petite graine de marin. Pour tout ceux qui sont inquiets, qui trouvent que c'est trop dangereux et veulent s'en prendre à quelqu'un pour se plaindre, je me permet de transmettre ici leur adresse www.bonjourlavoile.ch.
En partance (depuis 2 ans quand même) pour un tour du monde de durée indéterminée (moi aussi, ça me fait rêver), nos routes se sont croisés et se croiseront certainement encore.
Santiago ou les grandes retrouvailles
Dernière escale avant la grande traversée, l'île de Santiago, escale des retrouvailles. Jean-Claude (papa de Cordélia) et Gioia d'abord, Fabien (papa d'Ulysse) ensuite puis Dimitri et Julien, nos équipiers pour la traversée.
Nous mouillons dans une baie superbe face à Tarrafal de Santiago, port de pêcheurs, belle plage, quelques touristes. Rencontre étonnante avec un marin breton du nom de Thomas, 23 ans, parti en solitaire il y a 14 mois depuis la Bretagne sur un Muscadet (bateau de 6.5 mètres et 1.5 tonnes) dont le but est d'aller à Madagascar puis on verra. Saisissante impression de force tranquille. Anniversaire sympathique d'Ulysse (manquait quelques enfants), mafé Cordélia et gâteau Coco d'Ulysse. Balades dans les montagnes avec la famille Blanc. Noël sur une terrasse d'hôtel avec vue sur la mer. Petite sortie en mer avec Jean-Claude et Gioia. Des soucis avec le moteur d'annexe. Une belle houle qui déferle sur la plage et qui accessoirement trempe tout l'équipage. Dimitri et Julien qui nous rejoignent et apportent avec eux une bonne dose d'énergie et de bonne humeur. Préparation de la transat, courses et douanes. Les au revoir à Fabien, jamais simple pour Ulysse. Pour ma part, je vous dit à bientôt de l'autre coté.
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