Vagualarme, détour sur l’Atlantique !

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18 - 19 Septembre 2008. Porto

Jusqu'à Porto, c'est principalement au moteur que nous avançons, la saison des alizés portugais est belle et bien terminée, mais ma foi nous sommes bien trop content de pouvoir naviguer. Arrivé à Porto, Ulysse et Fabien profitent pour se retrouver un peu. Et nous, amateurs de Porto, partons visiter les caves muni d'un grand sac à dos vide afin d'y emporter quelques échantillons de Porto de Porto (une bagatelle de 7 bouteilles). Ulysse nous diagnostique atteint d'alcoolisme sévère. Porto c'est bon... euh, c'est beau, mais le pilote automatique déposé à Lisbonne il y a plus d'un mois, nous appelle. Malgré la pétole prévue, on hisse les voiles (façon de parler, on allume le moteur) et cap sur Lisbonne.

    

    

    

 

20 - 21 Septembre 2008. Iles Berlenga

Pétole, pétole. Nous décidons de faire une halte aux îles Berlenga pour y invoquer le dieu Eole. Depuis le haut de l'île nous observons Vagualarme à l'ancre, pour s'assurer que ce n'est pas un rêve. Nous avons bien quittés Vigo. Le lendemain, malgré nos invocations, nous n'avons toujours pas un pet d'air par contre, le dieu de la pêche se montre très clément. Ulysse explique avec empressement à son papa tous ses découvertes de la vie en mer et même si les noeuds c'est pas trop son truc, Fabien s'amarine plutôt bien. 

    

    

         

 

Depuis le 22 Septembre 2008. Lisbonne

Toute la journée avant d'arriver à Lisbonne se passa dans une ambiance étrange, calfeutrée dans un brouillard épais. Quand un oiseau passe, nous ne pouvons pas conter jusqu'à 3 qu'il a déjà disparu. 100% d'humidité, il ne pleut pas, mais nous sommes trempés. Arrivés au large de Lisbonne, nous sommes entourés de bateaux que nous ne voyons que sur le radar. On avance comme des aveugles. Cordélia sur le pont cherche désespérément l'horizon et souffle régulièrement dans la corne de brume (Ca semble la dé-stresser) comme pour répondre au paquebot beuglant dans la mer blanche.

L'idée d'arriver dans un port avec si peu de visibilité paraît peu envisageable, mais heureusement, juste avant le chenal du Tage, une petite brise bienvenue souffle dans nos voiles et renvoie le brouillard au large. On sort d'un rêve pour entrer dans un autre, évidemment: Lisboa.

Atterrissant sous le pont "25 Abril" dans un petit port totalement vide, vous verrez pourquoi tout de suite, il nous faudra 5 bonnes minutes pour décider de repartir immédiatement car la résonance des voitures, camions bus et trains sur le pont nous obligent à hurler et faire de grands gestes pour pouvoir se comprendre. Finalement, nous trouvons un autre port avec vue du pont à distance raisonnable. Première escapade à Lisbonne, on récupère le pilote et les photos de notre fête de départ (cliquez ici pour les voir). Actuellement, nous faisons du tourisme dans cette splendide ville et nous ne sommes assurément pas les seuls. Cette fois ci, nous attendrons une bonne météo qui promet du vent pour continuer notre descente dans le sud.

    

    

    

 

27-28 Septembre 2008. Lisbonne - Lagos : une punition

 

Nous décidons de partir le plus au sud du Portugal, histoire de réduire la durée de la navigation sur Madère. En route donc pour le port le plus austral du Portugal, Lagos. La météo annonce du vent faible de l’Est, la navigation devrait se faire en une journée. Nous partons durant l’après midi, pour arriver normalement le lendemain en fin de journée. Tout se passe bien jusqu’au petit matin où, à ma grande joie, j'entends soudainement le moteur qui baisse de régime. Un long et beau filet bleu traîne derrière le bateau. Il est 7 heures du matin, faut plonger pour couper, j'adore. Sensation désagréable de l'eau glacée sur le corps au réveil et moi qui ait peur du grand bleu, mais l'opération s'effectue rapidement.

 

Nous repartons pour arriver au cap St Vincent à 14 heures. Pas la peine de prendre la météo à la radio, on arrive dans quelques heures. Erreur de débutant me direz vous, la mer nous réserve toujours des surprises. Juste devant le cap, le vent entre soudainement et monte rapidement à 30 nœuds, de face. Non, tout mais pas ça... On va galérer. Nous hésitons à rebrousser chemin, mais « on ne va tout de même pas faire demi-tour ». Alors go, on serre les fesses.

 

Gros orages, des rafales titanesques, une mer qui se forme. Nous nous faisons surprendre, rien n'est prêt dans le bateau. Le hublot dans la chambre d'Ulysse et mal fermé, aux premières vagues l’eau s'engouffre dans la cabine avant et dans le carré, les habits traversent le bateau, le casseroles passent d'un côté à l’autre, en quelques minutes nous trouvons un souc impossible dans le bateau. La nuit est un véritable calvaire, le bateau se couche sous l’ampleur des rafales, la foudre tombe, le tonnerre rugit. Le pilote décroche dans les rafales. Face au vent, nous nous voyons avancer à une vitesse ridicule, le zig zag du bateau qui s'affiche sur le traceur de carte nous désespère. Après 20 heures de lutte dans l’humidité, la gîte, le vomit et l’inquiétude voir la peur pour certains (20 heures pour faire 20 miles, c’est un nouveau record) , nous arrivons à Lagos, heureux. Notre voisin de port est particulièrement étonné quand nous lui annonçons que nous venons de Lisbonne « vous avez navigué face au vent cette nuit ? » Ici, la ville a été inondée, c'est pourquoi l’eau du port est tellement boueuse et il y a des branches partout.

 

        

 

     

 

 

 

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